EPLEFPA Aumont Crézancy Verdilly
 

LA FONDATION GUYNEMER

Historique


Le 25 Février 1943, M. Armand POISSON lègue à l’Etat par testament, suite à une promesse faite à son épouse Euphrasie GUYNEMER, décédée le 10 Juin 1924, un magnifique domaine forestier d’environ 1 000 hectares, dont sa propriété, avec le « Château » de Verdilly et son parc de 7,5 hectares. Des dépendances et des logements, deux fermes, un étang et des terres constituent également le legs, attribué au Ministère de l’Agriculture afin d’être le plus utile aux intérêts agricoles de la région.


L’arrêté du 16 Août 1944 valide le legs et en confie l’exécution au Directeur Général des Eaux et Forêts et au Directeur de l’Enseignement. Le legs est affecté au L.E.G.T.A. de Crézancy en 1976 par arrêté ministériel.

La Fondation GUYNEMER : Environ 750 hectares de bois s’étendant sur plusieurs communes, sont exploités et gérés par l’O.N.F. en lien direct avec l’E.P.L.E.F.P.A. de Aumont-Crézancy-Verdilly.


Avec les produits et les recettes des ventes de bois, la Fondation GUYNEMER participe à la régénération de la forêt et entretient les locaux et le patrimoine du legs. L’une des forêts appartenant à la Fondation, la forêt de Barbillon, va être contractualisée en zone NATURA 2000, avec la présence notamment du sonneur à ventre jaune, une espèce d’amphibien protégé appelée également crapaud sonneur à ventre jaune ou sonneur à pieds épais.

Territoire de chasse et de pêche, le territoire forestier accueille les amoureux de la nature et les établissements scolaires dans le cadre de courses à l’orientation ou de découverte de la nature.

Vidange à l'étang Trugny après travaux de réhabilitation 07022017 (source L. TOURET)

 

Espèces protégées - Fondation GUYNEMER (Barbastelle d'Europe - Grand murin - Grand rhinolophe - Murin à oreilles échancrées - Triton crêté)

 

Dans l'ordre des photographies :

Barbastelle d’Europe – espèce menacée

Longueur (T+C) : 4,5-6,0 cm. Longueur avant-bras : 3,1-4,4 cm. Envergure : 20,4-29 cm. Poids : 6-14 g. Dents (34) Echolocation (pic d'énergie) : 31-33 et 41-42 kHz. La Barbastelle d’Europe est très sombre. Sa face est noire anthracite et plate. Ses oreilles, grandes et presque carrées, ont leurs bords internes qui se rejoignent sur le front, encerclant des petits yeux brillants. Les tragus sont triangulaires, bien visibles et dressés dans le cône de l’oreille. La bouche est toute petite. Le pelage dorsal est dense et noirâtre, avec des mèches variant de beige à gris. Le pelage ventral est gris sombre. Les membranes alaires et les oreilles sont noires. Elle ne peut se confondre avec aucune autre espèce d'Europe occidentale. Nocturne, elle attend la nuit noire pour partir en chasse. La durée d’envol de la colonie est longue car souvent, chaque individu quitte le gîte de manière solitaire avec des intervalles de plusieurs minutes. La léthargie hivernale s’étend de fin novembre à début mars, période pendant laquelle l’espèce reste généralement solitaire. La maturité sexuelle peut être atteinte au cours de la première année. L’accouplement débute en août et peut s’étendre occasionnellement jusqu’en mars. La femelle donne naissance à un jeune vers la troisième semaine de juin en France. Ils sont allaités jusqu’à six semaines et atteignent leur taille adulte vers 8-9 semaines, parfois plus tôt. L’espérance de vie est comprise entre 5 et 6 ans. Faisant partie des chiroptères les plus spécialisées en Europe, elle se nourrit presque exclusivement de microlépidoptères qu’elle capture en vol. Ses proies secondaires peuvent être des névroptères, des mouches ou des araignées. Elle chasse le long des lisières arborées, en forêt le long des chemins, sous les houppiers ou au-dessus de la canopée. Elle fréquente les milieux forestiers assez ouverts et vole entre 1,5 et 6 mètres de hauteur. Sédentaire, elle occupe toute l’année le même domaine vital. Un individu peut chasser sur un territoire de 100 à 200 ha autour de son gîte. Les gîtes d’hiver peuvent être des caves voûtées, des ruines, des souterrains, des tunnels où elle s'accroche librement à la voûte ou à plat ventre dans une anfractuosité. Très tolérante au froid, elle peut utiliser des cavités froides. En été, elle loge presque toujours contre le bois. Les individus restent très peu de temps dans le même gîte, allant jusqu’à en changer tous les jours.

Extrait de l'ouvrage : ARTHUR L. & LEMAIRE M. 2009. Les Chauves-souris de France, Belgique, Luxembourg et Suisse. Biotope, Mèze (Collection Parthénope); MNHN, Paris, 544p.

Audrey Savouré-Soubelet (Service du Patrimoine Naturel (MNHN)), 2014

 

 

Grand murin – espèce protégée

Longueur (T+C) : 6,7-8,4 cm. Longueur avant-bras : 5,5-6,8 cm. Envergure : 35,0-45,0 cm. Poids : 20-45 g. Dents (38) : I2/3, C1/1, P3/3, M3/3. Echolocation (fréquence terminale) : entre 20 et 25 kHz. C’est une des plus grandes chauves-souris d’Europe. Le pelage est épais, court, brun clair sur le dos contrastant nettement avec le ventre presque blanc. Les oreilles et museau sont de couleur clair avec des nuances rosées et les membranes alaires marron. Elle est quasi identique au Petit Murin, une clé de détermination est nécessaire pour une identification rigoureuse. Elle est également très semblable au Murin du Maghreb présent uniquement en Corse, mais les aires géographiques ne se chevauchent pas. Chauve-souris de basse et de moyenne altitude, elle est essentiellement forestière mais fréquente aussi les milieux mixtes coupés de haies, de prairies et de bois. Pour la chasse, elle affectionne particulièrement les vieilles forêts, voire le bocage et les pâtures. Le domaine vital est en moyenne d’une centaine d’hectares pour un individu, le rayon moyen de dispersion est de 10 à 15 km. L’envol se fait quand la nuit est bien noire, le plus souvent au-delà d’une heure après le coucher du soleil. Ses proies sont essentiellement des insectes terrestres (<1cm) : carabidés, bousiers et acrididés. Une partie des captures se fait au sol mais elle chasse parfois au vol ou en rase-mottes, se nourrissant de coléoptères, lépidoptères, tipulidés, orthoptères, araignées et opilions. Essentiellement cavernicole, elle hiberne dans les grottes, mines, carrières, souterrains, falaises, tunnels… L’hibernation a lieu de fin octobre à fin mars, en solitaire, en binôme ou agglomérés en grappes, parfois en mixité avec d’autres espèces. Pour la mise-bas, les femelles se regroupent en essaims, entre 30 et 1000 individus, dans les charpentes chaudes des bâtiments. Plus au sud, elles peuvent rester en gîte souterrain. Les femelles donnent naissance à un jeune, de fin mai jusqu’à fin juin, qui sera sevré à neuf semaines. Elles sont très fidèles à leur colonie de naissance. La saison des accouplements a lieu de mi-août à début octobre, les mâles constituent des harems de 4 à 7 femelles. Considérée comme semi-sédentaire, elle peut effectuer de grands déplacements mais couvre habituellement seulement quelques dizaines de kilomètres entre ses gîtes d’été et d’hiver. L’espérance de vie se situe entre trois et cinq ans, le plus ancien individu européen portait une bague vieille de 25 ans.

Extrait de l'ouvrage : ARTHUR L. & LEMAIRE M. 2009. Les Chauves-souris de France, Belgique, Luxembourg et Suisse. Biotope, Mèze (Collection Parthénope); MNHN, Paris, 544p.

Julie Marmet (Service du Patrimoine Naturel (MNHN)), 2014

 

 

Grand rhinolophe – espèce protégée

Longueur (T+C) : 5,4-7,1 cm. Longueur avant-bras : 5,3-6,24 cm. Poids : 15-34 g. Envergure : 33,0 à 40,0 cm. Dents (32) : I1/2, C1/1, P2/3, M3/3. Echolocation (fréquence constante) : 78-84 kHz. C’est le plus grand Rhinolophe de France. Ses ailes sont courtes et larges et les avant-bras robustes. La feuille nasale est constituée de la selle dont l’appendice supérieur est court et arrondi, et l’appendice inférieur pointu. Son pelage est épais, gris brun sur le dos avec des nuances de brun roux, et blanc grisâtre sur le ventre. Sa taille et/ou l’aspect de la feuille nasale le distingue des autres espèces de Rhinolophe. Espèce sédentaire, elle fréquente des milieux structurés mixtes, semi ouverts et peut être présente jusqu’à 1 500m d’altitude. Elle hiberne de fin octobre à mi-avril, en essaim, dans des cavités à forte hygrométrie, avec une préférence pour les galeries de mines, carrières, grandes caves, parties souterraines de barrages, grottes. Pour la chasse, ses milieux de prédilection sont les pâtures entourées de haies. Elle apprécie aussi la proximité de zones d’eau, les milieux mixtes, lisières de massifs de feuillus, végétation semi-ouverte, sous-bois dégagés, vergers, parcs, prairies, landes, jardins. Elle se met en chasse, à proximité du gîte, une dizaine de minutes après le coucher du soleil, au moment où les proies sont abondantes, et est surtout actif dans les deux premières heures de la nuit et avant le retour matinal au gîte. Elle pratique préférentiellement la chasse à l’affût avec une grande habileté dans la végétation dense, mais chasse aussi au vol, avec une préférence marquée pour les grosses proies : Lépidoptères nocturnes, Coléoptères, Diptères, Tipulidés, Trichoptères. La mise-bas a lieu en moyenne de la mi-juin à la mi-juillet, en essaim de 20 et 200 individus, dans des grands combles chauds et sombres, parfois en milieu hypogé dans les régions du sud, dans des grottes, des mines ou des caves de château. Les femelles mettent au monde leur premier jeune entre trois et cinq ans. Le jeune commence à chasser de manière indépendante entre 19 et 30 jours. Les femelles sont très fidèles à leur gîte de mise-bas et l’essentiel des juvéniles retourneront l’année suivante à leur colonie. Les accouplements débutent en septembre. Le Grand Rhinolophe montre une grande longévité et les animaux de plus de 15 ans peuvent représenter une partie importante d’une population. Le plus vieux Grand Rhinolophe bagué a atteint l’âge de 30,5 ans.

Extrait de l'ouvrage : ARTHUR L. & LEMAIRE M. 2009. Les Chauves-souris de France, Belgique, Luxembourg et Suisse. Biotope, Mèze (Collection Parthénope); MNHN, Paris, 544p.

Julie Marmet (Service du Patrimoine Naturel (MNHN)), 2014

 

 

Murin à oreilles échancrées – espèce protégée

Longueur (T+C) : 4,1-5,3 cm. Longueur avant-bras : 3,61-4,47mm. Envergure : 22,0 à 24,5 cm. Poids : 6 à 15g. Dents (38) : I2/3, C1/1, P3/3, M3/3. Echolocation (fréquence terminale) : entre 35 et 40 kHz. Chauve-souris de taille moyenne, le pelage à l’apparence laineuse, est roux sur le dos et sans contraste net avec le ventre plus clair. La face et les membranes alaires sont brunes, une nette échancrure sur le bord extérieur du pavillon de l’oreille est visible. Elle fréquente les milieux forestiers ou boisés, feuillus ou mixtes, les vallées de basse altitude, mais aussi les milieux ruraux, parcs et jardins, et accessoirement les prairies et pâtures entourées de hautes haies ou les bords de rivière. L’espèce devient active une heure après le coucher du soleil. Elle chasse dans le feuillage et prospecte les canopées ou les houppiers. Elle capture préférentiellement des araignées qui ont tendu leur toile entre les branches ou glane les mouches, et peut aussi capturer ses proies en vol, au-dessus de l’eau. Le reste de son régime alimentaire est constitué de lépidoptères, de coléoptères et de neuroptères. Espèce strictement cavernicole, elle hiberne dans les grottes, carrières, mines et dans les grandes caves, de fin octobre à avril, voire mai. Elle peut former des essaims d’une centaine d’individus, parfois en mixité avec le Grand Murin ou le Murin de Natterer. Les mâles estivent en solitaire, et les femelles, très grégaires, forment des nurseries pour la mise-bas, principalement dans les combles de bâtiment ou dans des cavités souterraines. La taille des colonies est très variable, le plus souvent entre 50 à 600 individus, très souvent en mixité avec une autre espèce, le Grand Rhinolophe. Les naissances ont lieu de mi-juin à mi-juillet, les petits commencent à voler à quatre semaines. Les accouplements se déroulent sur les lieux d’essaimages à la fin de l’été mais aussi en novembre dans les sites souterrains. Chez cette espèce, aucun comportement migratoire n’est avéré. Le plus vieil individu bagué a été retrouvé 18 ans après sa capture initiale.

Extrait de l'ouvrage : ARTHUR L. & LEMAIRE M. 2009. Les Chauves-souris de France, Belgique, Luxembourg et Suisse. Biotope, Mèze (Collection Parthénope); MNHN, Paris, 544p.

Julie Marmet (Service du Patrimoine Naturel (MNHN)), 2014

 

 

Triton crêté – espèce protégée

C'est une espèce de triton de grande taille qui mesure jusqu'à 18 cm. Au printemps, durant la période de reproduction, les Tritons crêtés mâles présentent une crête dorsale dentelée parfois assez haute et se prolongeant jusqu'à la queue. C'est durant cette période que les Tritons crêtés fréquentent le plus le milieu aquatique. Après la longue danse nuptiale du mâle, la femelle pond de 200 à 300 œufs, collés individuellement sur des plantes aquatiques. Les têtards présentent des branchies externes et leur métamorphose se produit en 2 à 4 mois. Cette espèce se rencontre en Europe, de la Grande-Bretagne à l'Oural, dans le nord des Alpes et dans les Balkans. Habitat La femelle de Triturus cristatus, à l'aide de ses pattes arrières a soigneusement repliées et collées sur elles-mêmes certaines feuilles immergées de Myosotis scorpioides pour protéger ses œufs (pondus un à un). Ceux-ci se développeront entre les plis des feuilles (photo faite aux Pays-Bas le 12 mai 2006). Très sensibles à la pollution et à la modification des milieux, les Tritons crêtés préfèrent les grandes mares ensoleillées et profondes avec beaucoup de végétation. On peut aussi les trouver dans les mares acides et paratourbeuses de zones de landes acides et dans certaines mares forestières. Ils ne s'accommodent pas de la présence de poissons. On rencontre le Triton crêté en Europe centrale et septentrionale. Contrairement au tritons alpestres, il ne dépasse pas 1 200 m d'altitude. Dans la Péninsule ibérique et dans le sud-ouest de la France, ce sont les tritons marbrés (Triturus marmoratus) qui les remplacent. Des populations reliques de Tritons crêtés ont été trouvées récemment dans le Gard et les Bouches-du-Rhône, indiquant la présence possible d'anciennes populations le long de la vallée du Rhône. Taxinomie On avait autrefois considéré quatre principales sous-espèces à travers l'Europe, mais il est désormais admis que le taxon Triturus carnifex, autrefois Triturus cristatus carnifex, est une espèce à part entière, représentée en Autriche, au nord des Balkans, en Italie et jusqu'en Haute-Savoie. Hybridation Le triton crêté s'hybride parfois avec le triton marbré. Le produit de cette hybridation est le triton de Blasius. Statut, menaces La raréfaction importante du Triton crêté en France ces trente dernières années est due à de multiples facteurs : le remembrement agricole, l'urbanisation des plaines, l'aménagement routier, la pollution des eaux, l'abaissement des nappes phréatiques ainsi que le comblement des mares et leur artificialisation en zones de pêche. Les tentatives de déplacement des populations, à la suite de projets d'aménagement par exemple, se sont le plus souvent soldées par des échecs. Seule la préservation de leurs habitats originels permet aux Tritons crêtés de garantir leur survie.

(MNHN)